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C'est de l'extase ancienne.





I.

Dans les toutes simples iris de la Mosquée, 
Chancelant vers l’amour
L’homme qui ne croyait en rien, enfile son chapeau.

Il part heureux sans sombre,
L’aventure en digne sonde, 
Il part sans un silence, 
Dans la pluie battante et braisée.

Il faut dire que le risque d’un temps blond,
Demeure d’y périr 
Frêle de regret.

II.

La chapelure du frais,
Est chose exquise à celui 
Qui de la dune nocturne,
Ne connait que le nom. 

Le frisson des draps, 
Est chose conquise à celle, 
Qui de la dune moderne, 
Ne franchit plus le son. 


J’exècre l’extase. 

Si creux sans vie





Les yeux couleur cylindre, 
J’observe doucereuse, le café du matin.
Ceux qui le boivent sont creux
Un creux ne ment jamais, 
Il est si creux sans vie. 

Les bons ne dorment que la nuit. 
Ocre-ton des légumes cuits.
Manteau d’hiver, glaçons d’été. 

Je ne demande, 
Qu’un corps noir à la chevelure dépeinte. 

Lyre sans prise, de la poésie
Séduction assistée,

Voilà ma cure d’enfant. 

Absurdité à chaud

Ce texte a été rédigé le 14 novembre au matin, café rouge, il n'est pas à prendre comme une offense mais comme un signe que la seule création aura raison de l'obscurantisme. 



Hippolyte : J’ai envie de faire l’amour sous les bombes. 
Peluche : Je veux manger une muse
Hippolyte : Je veux attraper ton nez avec mes dents. Et le couvrir d'un ruban rouge.
Peluche : Moi je m’en fiche, je veux juste transpercer tes parois. On sort le vin?
Hippolyte : Je l’ai déjà bu hier, j’avais réussi le concours Sciences Po, je ne pouvais pas prévoir que quelque chose de mieux allait arriver.
Peluche: Je le repète, ma nounou n'a pas gagné au loto, pourtant on était vendredi 13.
Hippolyte : Ta nounou est sauve ?
Peluche : J’ai envie de jouer un air religieux à la guitare. J’envoie mes plus sincères condoléances à ta nourrice, je ne savais pas qu’elle venait encore chez toi.
Hippolye: Elle prépare le meilleur couscous aux olives de Paris. Pourquoi tu pleures?
Peluche : Les tireurs ont gâché ma sortie au musée. Tu penses que les Apple Store seront ouverts?
Hippolyte : Non. Les SDFs ne doivent pas être au courrant ces chanceux, comment vont-ils faire lorsqu’ils voudront s’acheter un Ipad au petit matin?

Transe, son de trance, coups de feu à la place des coups de tambour. Peluche entre au café.

Une voix muette: Descends vite, tu dois donner la réplique à Hippolyte.
Peluche : Chantonne-moi des bruits de bullet que tombe dans des ecscalier de lierre, mâche mâche, un exilir de rose, rose monde, tu connais la rose monde ? Tu as déja vu la rose monde ? Tu as deja sentir la rose monde ? (il pointe un spectateur du doigt) toi, TOI, tu es exécrable fini ! Monte au plateau sentir la rose monde. (découragé, tournant le dos) il ne monte pas, personne ne connait la rose monde. oiseau oiseau abeille, culmine vers le ciel, Hippolyste tu m’orgasmes ?
Hippolye : Nous devrions partir, il y a tant de ravissantes couleurs maghrébines qui nous attendent ...
Peluche (enfant) : et le phare d’Alexandrie ?
Hippolyte (dur et sérieux) : le voyage est le fruit de millénaire d’exploration scientifique, il y eu d’abord Darwin, puis Magellan puis le sage Gotima, il faut commencer par faire abstraction des spectateurs pour ne craindre aucun.
C’était le 14 novembre.
Peluche : Je ne sais pas si j'écris Faire l'amour ou un poème sur les dégustations de moules/frites à Lyon. Je me beurre des tartines en attendant que tu choisisses.

Chacun le poète de l'autre




Tu m'a dis un jour, « le poète n'est pas celui qui est inspiré mais celui qui inspire », ma tendre poète.

L’eugénisme : 

Je vous parle en provenance de l’autre monde. La salle dans laquelle nous faisons spasmer nos jambes virevolte du moite, elle est fumeuse. J’ai accepté de laisser s’entrechoquer ma folie avec la votre. Je vous parle les yeux embués de l’autre monde, je ne sais pas si vous y avez mis les pieds, c’est un monde de conceptions nouvelles. Le cocon vide de vos chaussures tombera près du canapé, vous vous sentirez chez vous. C’est un monde trompeur mais cette fois ci, le monde admet qu’il ne miroite point une mais mille vérités, alors c’est un monde factice. 
Liberté vin rouge, liberté blanche, liberté chancelante de sueur. 
N’emporte pas mes ôdes, ni les oeuvres des parents déchus, 
Par le monde matériel, 
Je devrais dire normal car je suis née en y posant les pieds, 
Mais je cintre mon domicile dans un carcan de monde matériel. 
Il faudra que je ramasse les cendres de l’autre monde, il faut toujours revenir de plein pied dans l’enfer mondain. Les colombes pleurent et reviennent toujours sur le lieu du vice. Toujours.
Clones féminins et amicaux, clones de ma connaissance, Elsa mièvre, femmes mauves; Elles dansent la musique, n’importe quelle musique, sans les hommes.
J’ai aimé, plus que de nature mais j’ose espérer que je n’en ai pas conservé que les ocres amères.
Ma vie est cette acrylique sur laquelle je vous proposer d’agencer votre sang.

Dis moi ce que tu penses, de ma vie?




Louis Serème :

Ta vie est un acrylique blanc
J'ai dessiné sur mon bras 33 sabliers
Au bout du quel coule ton sang
Qui a valeur à ne pas être oublié
Ta vie est de nature ocre et sincère
Car ta folie a un brin matin anglais
Qui entourée par la mer
Sonne plus bleue que mes rêves
Ta vie est jaune whisky noir piano trouble fumée
Mystérieux escalier, que je monte, que je descends
Dans le halo de la violente liberté
Ma poésie ne vit que dans tes instincts et ta suave insolence




Un ailleurs



(pensées non mises en ordre





Saisir les émotions avant qu’elles ne se meurent. Ce matin mon café était étonnement sucré. Lorsque j’en ai commandé un deuxième, j’ai compris que quelque chose allait autrement. Je suis dans le tube-fer. Par chance les passagers qui m’entourent ne se posent pas la question du contenu de mon sac, a fortiori ils ne me demandent pas de l’ouvrir non plus. Mon sac est aussi bleu qu’il sonne sali. Il est composé d’un couteau, du savon, quelques vêtements chauds et des poèmes et lettres que quelques admirateurs ou amis m’ont adressés. Avant de partir j’ai embrassé Léandre pour la première fois et il m’a proposé de lire le neuvième chapitre du petit Prince. 

« La fleur toussa mais ce n’était pas à cause de son rhume. (…) Mais oui je t’aime, lui dit la fleur. Tu n’en as rien su par ma faute . Cela n’a aucune importance, mais tu as été aussi sot que moi. Tâche d’être heureux. (…) ne traine pas comme ça, c’esy agaçant, tu as décidé de partir, va t’en. Car elle ne voulait pas qu’il la vit pleurer, c’était une fleur tellement orgueuilleuse » 

Antoine de St Exupéry, Le Petit Prince

J’ai respecté danc les moindres mots du Saint, les consignes pour s’offrir au voyage, je n’ai cependant pas rangé ma chambre. C’est ce que j’ai constaté en y remettant les pieds, la pièce était reniflante de sale. Deux billets pour la ville de Charme : « l’essentiel est que vous soyez rentrée chez vous ce soir. » souffle le contrôleur sans grade. L’attente grise du train, elle est sucrée, la blonde que je n’aurais pas du rencontre a les mains âpres, si presque-ocres qu’on a l’impression qu’elle est née avec ces deux armes inoffensives et que saisissant sa vie, elle la rend morne et trop maigre depuis le berceau. Les rencontres qu’il aurait fallu éviter, j’ai écris. C’était la Gare Montparnasse, moi j’allais à Charme car c’était peu cher. 

Le paysage roucoule à la fenêtre du train et la famille Rêve ne va pas tarder à passer à table. J’éspère que la nuit sonnera juste et que je pourrais écrire à Léandre dans la buée d’un café matinal. Ecris-moi beaucoup, m’a t’il dit avant que je m’échappe.  Un joli jeune homme au corps non fin vient d’entrer dans le train, il a tout de même une de ces candeurs qui vous oblige à lui parler. J’adule les rencontres. 

Que l’inquiétude jamais n’affaisse vos sourires. (j’ai pensé, je ne sais pourquoi je me cite, sans doute parce que je me sens subjuguée d’une émotion nouvelle.) 

Un charmeur nous a mené aux lits collectifs sur son moyen vélo provincial Sa petitesse l’avait fait admettre il y a quinze ans, deux australiennes sans le sou au sein de son domicile..Après avoir posé snos bagages à l’auberge nous avons été au café. Un serveur clandestin nous a offert des chips sur lesquelles Mathilde a goulument versé de la cannelle. 

1911A, n’oubliez pas ces mots. Si vous passez par Charme, ils pourraient vous servir. Les rêves n’ont jamais le gout d’un vin épicé et trop chaud. 
Rejoindre André et Artha sur la table du devant. L’un travaille chez les autistes, l’autre boit du coca.  Est ce que l’on aime toujours mieux que tout écrire pour des inconnus? 

Je me suis fait la reflexion que les auberges de Jeuesse étaient sans doute le pire endroit pour faire l’amour. Envie d’apporter une baignoire rouge de chaux, décor absurde, d’avoir froid avec Léandre, sous un clair de Lune béant. 
« Ce que j’aime ici c’est qu’il n’y a pas de miroir » m’a sussuré Mathilde. 

Le matin de septembre qui suit, nous avons rencontre un certain Sam, et nous nous sommes pavanés dans le bien-pensant et l’artistique de la cathédrale de Charme. Il était gentil et j’ai eu une folle envie d’allumer une cigarette dans le lieu saint. Le gout du blasphème a quelque chose de délicieusemet sincère. Je lécherais le sol pour ne pas mourir souffrante d’un trop-de-dignité.  Sam a sorti vingt euros de son porte monnaie, sans doute pour signifier le bon gout de notre compagnie. Le gout du citron dans ma gorge morte du vert. Ils fuments verts; les insignifiants. Nous partirons de Charme à seize heures un sixième. Il n’y a pas de sensation fausse (écrivait Cioran.) 

Et toutes les fois qu’il me semble que quelque chose est encore possible j’ai l’impression d’avoir été ensorcelée. 

« Qu’avez vous mais qu’aavez vous donc? -Je n’ai rien, je n’ai rien, j’ai seulement fait un bond hors de mon sort et je ne sais plus maintenant vers quoi me tourner, vers quoi courir » (De l’inconvénient d’être né) 

J’aime bien les garçons joliments vêtus, cheveux presque-gras, ample veste, tons beiges. Ils sont minces, parfois dessinent et n’ont pas la bêtise de se soucier de leurs petites amies. 

Mots d’un habitant de la ville des Amants: Vos admirables cheveux vénitiens doivent rendre les hommes fous. J’ai appelé ma fille Myriam, cela signifie ‘être aimée’, j’ai un long nez, Jésus était juif, vous qui allez étudier la philosophie, je vous invite à faire le procés et un mémoire à propos du Général de Gaule. 
Je dois avouer que cet égyptien qui ne parvenait pas à marier son fils mesurant au moins 1m83 m’a touchée. Le sucre que je viens d’avaler un gout de savon, c’est un peu mauvais, un peu comme les règles. 

J’essaie de ne pas machouiller ma nostalgie. « Est ce que c’est avez ton nez que tu fais de la mécanique? » demande la serveuse, avec son air de femme active à un ouvrir franc. 

L’acteur d’Esprits criminels, rouquin et séduisant à mourir. Le voir les yeux bandés m’a permis de me l’approprier. 

La méfiance lumineuse de la douce Julianne me donne envie de revenir à Paris. Je n’aime pas les femmes au rire sale, souvent, il est à l’image de leur visage, de leur âme même. 

Quatre personnages sous une rame de train. La pièce, timbre collé sur la couverture, jaillera bientôt. J’aime l’argent et Nazir qui a le gout du travail, jamais ne se fera emmerder. Il a su me peindre de sa gentillesse. 

Circuit, sans nom, trente nuits, solaire-money, décadence rouge. Suis-je la seule à me sentir si propre dans les lieux-berceaux de la liberté ? 

Pardon pour mes envols. Je ne vous hais plus.


Rencontre trente trois







Chaque fois qu’elle faisait l’amour, le corps de Victoire s’affaissait. Elle était de celles qui n’ont pas bien vécu le passage entre l’âge enfant et l’âge grandi. Si elle n’avait pas été si belle, je crois que je ne l’aurais jamais aimée. Et je te dis, moi, que je l’ai aimée de façon plus régulière que la rosée du matin. Victoire était rude comme le jour, une transe dans le vent, elle était mince aussi mais ce n’était pas très important. Ce qui m’importait lorsque membre de mi-corps se dressait, c’était l’Amour qu’elle ne me donnait pas. 

Elle ne s’endormait jamais à la même heure mais toujours son enfance durait trop fort, trop loin, jamais dans la même direction. Je créais des épices, conçues pour me nuire de désir. J’avais les mains moites de l’impression d’avoir véçu  et les kleenex adoptait au bout d’une trentaine de minutes entre trois et quatres heures du matin ma Lumière. Lorsque j’avais enfin terminé, on n’entendair plus que le bruissement de quelques feuilles attardées et éreintées sur les routes du quinzième arrondissement de Paris. Quelques voisins trop jeunes rentraient de soirées ou de boîte sans conserves nocturnes. Les maisons se penchaient en son nombril, et je lui chuchotais « Laisse moi t’aimer, pendant quelques heures, nous posséderons le silence sinon la contemplation.» 





Rencontre trente-trois


L’hôtel Ville-Dieu dans une petite ville de province, vide de monde qui n’a pas trop d’interêt, il est vingt-trois heures trente, Victoire et l’Amant ferment leur porte à clé pour ne point se faire voler le contenu de leurs sacs de voyages. Elle s’assoit sur le bureau de bois en face du lit, il est allongé regarde son téléphone portable penfant trente secondes puis ils échangent un regard gêné. Vous l’aurez compris, il s’agit de leur trente troisième rencontre. 


VICTOIRE - Je transpire sous mes vêtements.

Il renifle mais ne sent rien, il rit, hoche la tête et fait sept fois le tour de sa bouche avec Madame sa langue avant de parler.

VICTOIRE - Tout à l’heure, lorsque nous étions au café, le trompettiste de jazz m’a remarquée, regardée, désirée et moi je n’ai pas senti mes têtons se durcir. 

L’amant s’en fiche. Il osculte rapidément son reflet dans le miroir et se recoiffe aussitôt. 

VICTOIRE -  Je veux que l’on se marie, j’ai toujours aimé les fondues de poireaux, les robes blanches, les lacs et les odeurs de lavande que l’on retrouve dans chaque grand hôtel italien. J’ai pensé à Turin, j’espère que tu aimes Turin, tu n’es pas trop grand, tu arriveras à passer en dessous des plus minuscules arcades et après avoir soupé on pourra se tenir la main. On aura des bagues, jamais d’enfant, on sera mariés mais on ne sera jamais heureux. Moi je veux que l’on se marie vite pour jouir de ce mariage tandis que mes cheveux sont encore blonds comme le jour. 

L’amant s’en fiche. Il se sert un verre d’eau, le boit mais recrache la fin du verre 

AMANT : Bof, pas d’insecte dans mon verre finalement, je ne génère pas encore de la vie. 

Il boit la fin du verre qu’il vient de recracher puis rit jaune. 

VICTOIRE : Pourquoi tu ne dis rien ? Pourquoi as-tu rompu nos fiançailles ? Pourquoi n’es-tu jamais venu me revoir depuis ? Je t’attendais à la sortie de ton job, je t’attends toujours. Pourquoi ne veux-tu pas venir ce soir ? Pourquoi je dois dormir toute seule, j’ai froid d’être seule tu sais? Je sais que tu le sais. On oublie pas ce genre de chose. Pourquoi tu parles si peu, est ce que tu préfères écrire? J’ai envie de t’en vouloir mais je n’y arrive pas. Maintenant je rentre chez moi, avec les tulipes que tu ne m’as pas achetées. 


Fausse fin 

Danse







Le soleil a grignoté les festons du jour,
Au contact de la peau de l’homme mûr
Aucun son ne blasphémera ses lèvres
Ni ne noircira la pureté interligne de ses belles mains.

Lorsqu’il danse,
Le corps du mâle bleuit avec un souffre de splendeur
Grâce, volupté, ironie.

Attendez que sa joie revienne,
Le naufrage de sa semence d’or
Repensera.

La jouvencelle est près de vous,
Elle s’épile les soucis.
Tendre muse,
C’est de la soie, La sens-tu ?
C’est la soie de ma robe
N’ouvre pas les yeux et tu auras ma peau.


Accrustiche



Puissiez vous y avoir laissé votre coeur je ne vous aurai pas laissé le reprendre, 
Ordinaire morceau vierge de papier blanc. 
Ultime accord, première fois tout est limpide 
Rapide rencontre, cheveux mouillés. 
Refuser l'acte parce qu'il est si sombre, 
Ordinaire morceau vierge de papier blanc jauni
Nattes encombrent la lueur de l'enfant 
Sans plus attendre il cria en secret. 

Nuit noire, nuit blanche, chez nous il fait lumière. 
Oh oui ! C'est profond qu'est le lac crystallin que j'observe 
Une force extérieure change leur couleur. 
Sage plongée dans tes yeux bleuis.

File la joie comme une bise claque mais laisse en sa coupole une eau bénie. 
Affaire close, non classée, balayée.
Il y a tant de peuple tôt, tangents d'indolence.
Rires en muguet s'infiltrant dans les profondeurs de la Femme. 
Evanescence de la jouissance d'or.

Lentes archives d'une douce descente 
Atmosphère moite, distraite, réchauffée.
Momentanée l'infiltration dans l'antre secret. 
O-fil du temps. 
Ulysse a voyagé dans de nombreuses contrées
Refusez mon ami car il est encore temps.



Polir

Mon bien trop cher Amour, 


Tu m’as fait oublier tous les enfants du monde en me couvant de ton regard. J’ai su, que je ne tomberais plus jamais amoureuse. Ne compte plus me trouver saine d’esprit, il faut que nous lapidions d’un instinct commun la raison. Je suis repartie cette après midi du petit café, des morceaux de toi collés entre mes bras, sous mes fessiers, entre mes narines? Avec moi, j’ai l’impression que tu deviens homme. Tu as deux cent ans et tu me connais bien. Mon avidité de te voir est bouillante, comme du vin chaud, comme la Bretagne, l’été. André, je pense qu’il est temps que tu le saches. Je n'ai pas bu ou siroté une tasse de thé sans maudire l’ambition qui me tient éloignée de toi. L’ambition n’est ce pas un phénomène ridicule de la raison, ça aussi? Tu ne le sauras jamais. J’ai l’impression que de mes poignets seuls, j’ai démonté tes métiers du futur. Il y en avait trop. Lors de notre première rencontre tu voulais devenir acrobate, ou sculpteur ou encore éleveurs de fauves durs. Un soir, à la cafétéria ma petite nièce que j’aime peu m’a demandé lequel des animaux du zoo, était le plus féroce. J’ai répondu le lion. Le seul animal qui m’inspire de la pitié, n’est rien que de toi. 


Si j’étais présidente, et belle comme le jour, sous des arcades humaines, phénomènes de beauté, j’irai tout les soirs, bras ballants, me faire polir le chinois. 

Candice 

Non-Nom



Jeremy Barniaud
Connaissez vous les heures à trous ? A ma droite, francs-tendus comme deux miroirs se faisant face dangereusement, il y avait un couple, c’était un couple foutrement laid et il sont partis au bout d’une heure trente trous. Moi j’étais seule et je sirotait du thé à la pêche. Les heures à trous sont des heures qui ne sont pas perceptibles en le spectre d’une montre, des heures jugées selon leur valeur vraie. En somme les heures utilisées intelligemment ne forgent que peu de trous et afin d’atteindre le nombre fatal des soixantaine de trous, une journée s’écoule parfois. Devant l’écran, et dans le vide, dans l’ennui, chez les jeunes surtout, le temps se perce. La mer, ce n’est dans le fond qu’un grand café : les jeunes filles douces sont sucrées et les amants lourds ont une bedaine en moutarde. 

Le couple entre et commande deux coupes de vin, blanc, rouge, il n’est qu’onze heures du matin. Voyageurs entre deux routes. Ils entrent amoureux. D’un regard rapide, ils choisissent une table et transforment le recoin sombre en alcôve. La fille sourit l’amour. Je souris à mon tour. Ils sont très beaux et tu es en retard, ma vie a toujours eu le gout d’un légume trop cuit, juteux d’amère, cerné de noir. Trop cuit, c’est à dire trop nourri de fantasmes dans le fond. Je suis ce pistolet que l’on charge à seize transes par jour. 

On me demandait : - Esperance tu n’as pas honte? Je repondais que j’avais l’impression d’avoir des oranges à la place des joues. 

Est ce que les belles femme au sang marin veulent des mômes? Non.